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au 24/11/2020

Henri Guaino : notre Président d'Honneur

La Nation est redevenue la grande question politique de notre temps. Parce que la Nation, une fois de plus dans l’histoire, se défait.

 

Faisons de la politique autrement qu’avec les mots de la publicité posés sur les idées à la mode. Parlons des sujets sérieux, des grands choix politiques et d’abord le premier d’entre eux. Au milieu des bouleversements du monde et de la société, contre l’air du temps, pour garder l’équilibre et rester libres, il nous faut refaire une Nation, remettre de l’ordre dans les institutions, la société et l’économie, tout en impulsant le mouvement qui porte à aller de l’avant les hommes et les peuples.

 

Refaire une Nation c’est redonner au peuple la capacité à dire non à tout ce qui menace de l’asservir. Refaire une Nation, c’est rendre sa souveraineté au peuple contre tout ce qui la confisque : gouvernement des juges, autorités indépendantes, effacement des frontières, dumpings de toutes sortes, libre échange intégral, marchés dérégulés, fédéralisme. Refaire une Nation, c’est exigeant. C’est mobiliser toutes les forces vives de la Nation contre la désintégration sociale et culturelle, l’entre soi des communautarismes (ethniques, religieux, linguistiques, régionalistes…), le culte des origines, la guerre des mémoires, en leur opposant l’égalité des droits et des devoirs, l’assimilation qui est le partage d’une histoire, d’un art de vivre, d’une culture, d’une politesse, d’un imaginaire commun ; en leur opposant le refus obstiné de tout séparatisme culturel, mais aussi la récompense du mérite, de l’effort, du travail, la reconnaissance du talent et de la solidarité nationale pour les perdants d’une mondialisation qui n’est pas toujours heureuse et pour ceux que les accidents de la vie, la maladie, l’âge poussent à l’écart et auxquels il doit être permis de vivre dignement dans la société. L’ordre et le mouvement, la fermeté des principes et la générosité, le cœur et la raison.

 

La Nation est un partage et une exigence : nous ne partageons pas bien et nous avons perdu de vue l’exigence. La France est un trésor que chaque génération depuis des siècles a enrichi. Nous lui devons d’être ce que nous sommes et d’abord un peuple libre qui peut choisir de vivre comme il le souhaite et d’écrire lui-même son histoire. Le nationalisme est dangereux. Mais le reniement de la Nation dans ce qu’elle a de protecteur, de rassurant, de familier n’est pas la meilleure façon de s’ouvrir aux autres et au monde mais le plus sûr moyen de faire naître la peur et le rejet de l’autre. De renoncements en renoncements, de reniements en reniements, nous l’avons déjà abimée, au point que nous voici au pied du mur et le moment venu de savoir si nous voulons liquider la France ou travailler à sa renaissance.

 

Henri Guaino      

Président d’honneur

Maintenant l’histoire met chacun de nous au pied du mur

 

Chers Compagnons,

 

Depuis deux ans et demi nous travaillons à nous regrouper entre Français de bonne volonté qui ne se résignent pas à regarder, les bras croisés, la France s’affaiblir et se défaire et une profonde crise de civilisation détruire tout ce qui nous fait aimer notre pays. Depuis trois ans, alors que ne cessent de s’aggraver les dérèglements de notre société, la question se pose à chacun d’entre nous, avec de plus en plus d’insistance, de savoir si nous allons abdiquer devant la violence qui explose partout dans la société, dans l’économie, à l’école, dans la vie de tous les jours, devant toutes les minorités agissantes qui la nourrissent pour imposer leur vues, devant des dirigeants qui leur cèdent chaque jour un peu plus de terrain et qui se contentent de diviser pour régner, incapables de ressusciter une espérance collective. Il n’est pas exagéré de dire que nous dansons au bord d’un gouffre. De plus en plus de Français le ressentent.

 

Plus se rapproche l’échéance présidentielle qui, dans la Ve République, commande tout, et plus grandit le risque qu’une fois encore, se referme le piège électoral qui empêchera finalement que les Français aient le choix. Déjà, les politiciens tissent leur toile et avancent leurs pions. Nous ne savons que trop bien que « le système », comme l’appelait le général De Gaulle, est de plus en plus verrouillé. Nous avons une seule arme pour casser ce verrou, et cette arme, c’est le nombre. En moins de trois ans, sans moyen, sans bruit, nous avons réuni, d’ores et déjà, plus de 17 000 compagnons.

 

C’est un motif d’espérance et c’est un socle solide à partir duquel nous devons rapidement nous démultiplier encore. C’est de la responsabilité morale de chacun d’entre nous. Prenons conscience d’un fait très simple : si chacun recrute, en moyenne, dans les mois qui viennent, six adhérents supplémentaires, nous serons 100 000 quand tout se décidera, et le premier parti de France. Nous casserons le verrou et nous ferons bouger toutes les lignes. C’est à notre portée. Si nous ne faisons pas tout pour y parvenir, nous serons complices de ce qui arrivera.

 

La France s’enfonce dans les crises et le calendrier se resserre. C’est le moment de l’effort décisif pour que les fruits des sacrifices de tant de générations ne soient pas abandonnés aux démolisseurs.

 

À chacun d’entre nous, compagnons de Notre France, de savoir ce qu’en définitive nous voulons vraiment pour nous-mêmes, pour nos enfants, pour nos petits-enfants, dans quelle France nous voulons vivre, quelle France nous voulons leur laisser.

 

L’histoire nous met tous, maintenant, au pied du mur. Il ne tient qu’à chacun d’entre nous de l’écrire et de ne pas laisser d’autres, à notre place, en écrire une dont nous ne voulons pas.

 

Martial Sciolla

Président

 

Henri Guaino: « De Gaulle n’a jamais joué la politique de la peur »

ENTRETIEN – Pour l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, les crises que nous vivons actuellement nous renvoient à l’abandon des valeurs incarnées par le Général.

Cinquante ans après sa mort, le général de Gaulle est présent dans toutes les têtes. Sans doute faut-il voir là un besoin de renouer avec la grandeur de la France et avec le sens de l’autorité et de la responsabilité en ces temps où notre pays est malmené par les crises sanitaire, économique et terroriste.

 

Henri Guaino, qui fut conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, artisan, en 1992, de la campagne du non au traité de Maastricht aux côtés de Charles Pasqua et de Philippe Séguin, publie De Gaulle. Le nom de tout ce qui nous manque, aux Éditions du Rocher. Il regrette l’entreprise de dilapidation, ces cinq dernières décennies, de l’héritage laissé par le fondateur de la Ve République.

 

LE FIGARO. – En quoi le moment que nous vivons – catastrophe sanitaire, crise économique, menace islamiste – est-il, comme vous l’écrivez, un moment gaullien? 

 

Henri GUAINO. – C’est un moment tragique et le gaullisme a incarné, face à la tragédie, ce que Malraux appelait «la force du non dans l’histoire», ce refus obstinément opposé à tout ce qui menace d’asservir un homme ou un peuple. La source de beaucoup de nos malheurs présents est dans l’idéologie mortifère qui a répandu l’idée que la démocratie, le marché et le progrès technique avaient éliminé à jamais la tragédie. Du coup, nous avons cessé de nous y préparer autant matériellement qu’intellectuellement, moralement, psychologiquement et même spirituellement. Les crises que nous sommes en train de vivre nous ramènent à la dure réalité de la condition humaine. Donc à ce qu’a incarné, face à elle, le gaullisme.

 

Face à l’épidémie, la réponse du pouvoir exécutif est-elle gaullienne?

 

Afin de protéger les Français, le gouvernement a opté pour une mise entre parenthèses des libertés fondamentales dont je ne vois d’équivalent dans notre histoire que dans la dictature du Comité de salut public et la loi des suspects, en 1793 et sous l’Occupation. L’histoire nous montre combien choisir cette voie, même pour de bonnes raisons, est périlleux. Pour conjurer ce péril, celui qui a les pleins pouvoirs doit être capable de se fixer lui-même des limites. Il doit aussi assumer pleinement la responsabilité de ses décisions.

 

La réponse gaullienne aurait consisté à ne pas diluer les responsabilités des mesures prises entre le gouvernement, le Parlement, le Conseil scientifique puis les préfets et les maires, ce qui a eu, entre autres, pour effet que chaque décideur gère avant toute chose son risque pénal plutôt que la crise sanitaire. Il aurait été plus gaullien et plus conforme à l’esprit des institutions que, pour mettre entre parenthèses toutes les libertés fondamentales, le président de la République, qui n’encourt pas de risque pénal, mette en œuvre l’article 16 de la Constitution, précisément fait pour ce genre de situation. Ainsi aurait-il porté, lui seul, la responsabilité politique des décisions.

 

En fait, vous dénoncez un manque de courage…

 

Il y avait et il y a beaucoup d’autres options, plus raisonnables et rationnelles, pour atténuer les conséquences dramatiques de l’épidémie, comme s’occuper en priorité de la protection des plus vulnérables. Il n’y a certes pas de réponses toutes faites dans un catéchisme gaulliste qui n’a jamais existé. On peut, cependant, tirer quelques leçons de l’histoire: ne pas céder à la panique, perdre son sang-froid, s’abandonner à la jouissance technocratique de régler dans le détail la vie de ses concitoyens, et se cacher derrière la science pour prendre des décisions qui n’ont rien à voir avec la science. Quand la France ferme les petits commerces et laisse ouvertes les grandes surfaces pendant que la Catalogne fait le contraire, où est la science?

 

Quand les contaminations se font dedans et qu’on impose les masques dehors, où est la science? La dilution de la responsabilité politique dans la science est désastreuse. La dissolution du Conseil scientifique lèverait cette ambiguïté malsaine. Mais, la plus grande leçon de l’histoire, c’est qu’il ne faut jamais jouer la politique de la peur. Celle-ci infantilise les gens pour les faire obéir: cela fait ressortir ce qu’il y a de pire dans l’homme en dressant ceux qui ont peur contre ceux qui refusent de devenir esclaves de leur propre peur et de celle des autres. Dans l’histoire, la politique de la peur, c’est Vichy ; celle du courage, c’est la France libre.

 

Comment lutter contre le terrorisme?

 

Ce qui serait gaullien, ce serait de prendre enfin la mesure de ce que nous devons affronter, c’est-à-dire une véritable guerre de civilisation sans merci menée contre nous. Pas seulement par des masses fanatisées ou des impérialismes du dehors, mais aussi à l’intérieur même de nos sociétés, par des minorités agissantes qui travaillent sans relâche à la culpabilisation de l’Occident et au communautarisme devant lesquels, par lâcheté collective, nous nous aplatissons depuis des décennies. Le problème est que, sur ce terrain comme sur celui de la crise sanitaire, nous nous sommes désarmés intellectuellement, moralement, spirituellement, juridiquement.

 

Selon vous, nous nous sommes désarmés en détruisant ce que de Gaulle nous avait légué? 

 

De Gaulle avait rendu à la France ce qu’elle avait perdu dans la débâcle de 1940, la collaboration, les spasmes de la décolonisation et les errements du régime des partis: notre indépendance, un État digne de ce nom, des institutions qui permettaient d’être gouvernés tout en redonnant la parole au peuple, un pacte civique et social qui assurait l’unité, la capacité et la volonté de défendre nos intérêts dans le monde et surtout la fierté nationale, sans laquelle une nation ne peut se maintenir. Une grande partie de l’intelligentsia et des forces politiques se sont coalisées pour détruire ce qui avait été si difficile à reconstruire.

Mais le monde a changé. La nation n’est-elle pas un cadre dépassé?

 

C’est pour l’avoir cru que les élites occidentales ont failli. Dépassées, les frontières, la souveraineté du peuple, l’indépendance, la solidarité nationale, la volonté de se défendre quand nous sommes confrontés aux concurrences déloyales, à une pandémie, au terrorisme, aux crises migratoires, au malaise identitaire? Au contraire: nous n’avons plus de temps à perdre pour refaire une nation.

 

Pourtant, tous les responsables politiques invoquent l’héritage du Général…

 

Les politiciens cherchent toujours à dire ce qu’ils croient que l’opinion publique souhaite les entendre dire. Ils invoquent de Gaulle parce qu’ils sentent que les Français éprouvent un manque de plus en plus grand de ce qu’il a incarné. Mais il y a cet abîme entre les mots et les choses dans lequel, une fois encore, la démocratie est en train de sombrer.

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